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18 février 2014

Pétischtroumpf

J'ai la chance d'habiter dans une grande ville, à faible distance de mines d'or, mes amies les bibliothèques. J'en connais même, déjà évoquées ici, qui ouvrent le dimanche ou à des horaires bizarroïdes et où on entre gratuitement et sans faire la queue. Et même sans cela, mes horaires à moi me permettraient de trouver le bon créneau.

Je n'aime pas trop faire circuler des pétischtroumpfs ni, de manière générale, jouer les maîtres à schtroumpfer.

Mais vous faire part de celle-ci me paraît légitime, de même que l'action de ses auteurs Bibliothèques sans frontières.

Car tout le monde n'habite pas dans une grande ville, à faible distance de mines d'or. Même s'il y a de jolies mines dans de tout petits villages et j'en connais qui m'ont bien rendu service.

Et aussi parce que, si on trouve n'importe quoi sur la Toile, on n'y trouve cependant pas encore tout. Et c'est tant mieux.

 

15 février 2014

Conseils à un jeune traducteur inexpérimenté (10) - «Quand on ne sait pas,...

... on ne fait pas. »

Prends-en de la graine, cher Jeune Traducteur Inexpérimenté.

 

Depuis longtemps, je voulais vous raconter cette rencontre « Traduire à quatre mains », organisée à la SGDL avec Françoise Morvan et André Markowicz et que je vous avais annoncée ici.

Comme je ne sais par quel bout entamer mon billet, tant pis pour vous, Lecteurs : cohérente avec son sujet, je m'abstiendrai.

Sachez juste que « Quand on ne sait pas, on ne fait pas », c'est ce qu'ils disent, Françoise Morvan et André Markowicz, quand ils refusent de se lancer dans un projet qu'ils pensent ne pas pouvoir mener à bien. Ils renoncèrent ainsi à traduire les œuvres d'un poète russe.

La frustration des membres non russisants de l'assistance à l'idée de ne pouvoir y accéder fut allégée ? accentuée ? quand André Markowicz nous dit en russe un extrait de poème de cet auteur dont je ne retrouve pas le nom***. « Tu aurais décidément mieux fait de ne pas faire », maugréerez-vous, frustrés aussi.

Vous n'aviez qu'à être là ! Vous auriez entendu non seulement du russe mais aussi quelques vers d'une vieille complainte bretonne, d'une spiritualité incroyablement élevée***. Parmi d'autres et avant qu'il ne soit trop tard, Françoise Morvan et André Markowicz l'ont recueillie et traduite :

Anciennes Complaintes de Bretagne
Éditions Ouest-France, 2010

Anciennes complaintes de Bretagne

 

Depuis cette soirée, les passerelles – les diagonales ? – secrètes qui relient traducteurs et musiciens, complaintes et langues sans rapport apparent les unes avec les autres m'ont menée jusqu'à ce bel album :

Vertigo et Marthe Vassallo
La Diagonale des Mers

 JPEG - 73.5 ko

Là, l'occitan voisine le breton. Mon morceau préféré, savouré quand, fin décembre, le Midi s'emmitouflait dans un brouillard mélancolique, chante la triste histoire du Baron de Penhoat et de son épouse.

 

Quand on ne sait pas... on peut au moins écouter.

 

 

 *** Âme charitable qui passes par ici, tu pourras peut-être m'aider à le retrouver ? Mes gribouillis de chat Mes notes me trahissent.

*** J'ai hésité entre la qualifier de profonde ou d'élevée. Quand on s'arrête sur des mots ou expressions pourtant familiers et qu'on les dévisage à outrance, ils vous prennent parfois des airs bizarrement étrangers et semblent se dépouiller de leur sens, non ?

23 janvier 2014

Voeux 2014

Puisqu'il est encore temps de vous présenter mes vœux et que deux-trois semaines n'ont pas été de trop pour moi pour incruster de nouveaux sous-titres, cette fois en anglais, je fais remonter ce qui ferait bien mieux de rester dans les oubliettes suit :

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Autre idée de titre :

Pathetic DIY                Home Video





 

Bonne année !

 

Le texte des sous-titres anglais a été revu et
fortement corrigé par Lakshmi Ramakrishnan Iyer,
à qui j'adresse mes plus vifs remerciements.


J'espère que cette collaboration
n'entachera pas son image de traductrice sérieuse,
par chance déjà bien établie.
Les autres collègues non-francophones prêts eux aussi
à ruiner leur réputation en proposant dans leur langue
une nouvelle version des sous-titres sont évidemment les bienvenus.

(sous-titrage en anglais et en français :
bouton en haut de l'écran puis cliquer sur EN ou FR)


19 janvier 2014

Le traducteur traduit (4) - « C'est un cas de force majeure »

Rappelons que cette rubrique a pour but de décrypter et de traduire le langage du traducteur, plutôt moins jargonnant que celui d’autres professions mais parfois déconcertant tout de même.

 

Tout client peut s'entendre arguer, par une petite minorité de prestataires peu scrupuleux, d'un cas de force majeure obligeant à repousser un délai. Pourtant, le traducteur digne de ce nom doit avoir assez de conscience professionnelle pour être dûment vacciné contre la grippe, paré contre les virus informatiques et doté d'une famille tout aussi infaillible, afin d'éviter un retard dans la remise de son travail, n'est-ce pas ? Tu as raison, cher Donneur d'ouvrage : tu ne nous entendras pas souvent gratter quelques heures de sursis.

Même le pire tire-au-flanc n'osera te soutirer un report de délai supplémentaire sous le prétexte fallacieux, par exemple, que le rédacteur de ton texte a truffé celui-ci de citations énoncées, à l'origine, dans la langue vers laquelle il est censé les traduire, en s'abstenant bien d'en indiquer les auteurs et les sources, ce qui vaut au traducteur des heures supplémentaires de recherches et de sueurs froides pour les retrouver. Il préfèrera plutôt y passer ses nuits. 

Cependant, si ton « prestataire de traduction » favori te soutient preuve à l'appui (et non trafiquée sous Photoshop) qu'il a été victime d'un imprévisible ralentissement de sa vitesse de frappe par le poids d'un élément perturbateur et quasiment paralysant, crois-le, car il s'agit là d'un véritable cas de force majeure. Accorde-lui de bon cœur la petite rallonge (mais non, pas financière, ce blog n'est pas grossier) qu'il sollicite de ta bienveillance à titre exceptionnel – jusqu'à la prochaine sieste de l'élément perturbateur.

20131206_195528.jpg

 

13 janvier 2014

Question

À quoi peut bien ressembler un marsupilami dalmatien ?

 

Les lecteurs qui voudront m'envoyer un dessin seront les bienvenus. Avec leur accord, leur œuvre sera reproduite ici.

12 janvier 2014

On parle de nous ! De nous, vraiment ?

Un hebdomadaire vient de consacrer un dossier de 4 pages aux traducteurs ou du moins aux traducteurs littéraires. Ô joie, car les occasions sont rares de sortir de l'ombre pour la profession en général – toutes catégories réunies mais c'est encore plus vrai pour certaines.
 
L'article n'est pas exempt d'erreurs, notamment quand les informations fournies sont chiffrées (j'avoue le constater dès que la presse traite d'un sujet que je connais). Dès le premier paragraphe, on observe une belle concentration d'idées fausses.
 
À l'intention des profanes qui passeraient par ici, des apprentis traducteurs avides de savoir de quoi sera fait leur avenir ou des collègues qui voudraient à leur tour corriger ce qui suit s'ils ont une expérience différente, rectifions la principale contre-vérité relevée dans ce paragraphe.
 
Les traducteurs qui n'exercent pas en tant qu'auteurs sont pour la plupart tout aussi indépendants que ces derniers. En effet, ce sont des professionnels libéraux (= fournissant à titre personnel une prestation intellectuelle), ils travaillent à leur compte, ils sont inscrits à l'Urssaf, ils paient des charges patronales, etc. En bref, dans leur majorité, ce ne sont pas des employés, contrairement à ce que l'article donne à entendre.
 
Certes, les traducteurs salariés existent. Beaucoup travaillent au sein d'organisations internationales. D'autres sont chefs de projet dans des agences. Il doit bien y en avoir encore dans certaines grandes entreprises ou administrations qui n'auraient toujours pas songé à  externaliser leur service Traduction. Ils forment la minorité des nombreux collègues que je connais, les autres étant libéraux, auteurs ou les deux (oui, il en est qui, moi la première, mangent à deux râteliers, voire trois car les traducteurs travaillant pour l'audiovisuel sont également auteurs, pour la plupart).
 
Il serait donc temps qu'on cesse de prétendre que tout traducteur n'œuvrant pas pour l'édition est salarié, voire « simple employé », avec une nuance implicite de mépris – comme si travailler au sein d'une organisation était indigne, soit dit en passant...

Le premier paragraphe de cet article n'évoque à la va-vite cette population de sous-fifres et de gratte-papiers (qu'elle soit extrêmement qualifiée et souvent bardée de diplômes ne saurait lui valoir le moindre prestige) que pour les distinguer de l'être supérieur étudié dans la suite de l'article, celui qui mérite que la presse se penche sur lui de temps à autre, quitte à aligner quelques bourdes sur son compte : le traducteur littéraire.
 
Une fois de plus, on voudrait placer la crème « littéraire » au-dessus du vulgaire brouet dit « technique ». C'est un cloisonnement idiot (aussi idiot selon moi que d'établir des distinctions de caste entre médecins selon leur spécialité ou leur mode d'exercice, ou une échelle de valeurs entre scientifiques et artistes, par exemple), c'est dommage, cela ne reflète pas la réalité.
 
Cher Jeune Traducteur Inexpérimenté, prends-en de la graine : nous avons tous des activités, des conditions d'exercice et des compétences différentes car notre métier est par chance multiple. Au point qu'il est peut-être difficile de le faire connaître dans sa diversité. Cependant, nous diviser, oublier les enjeux qui nous sont communs n'est pas une solution. À nous donc d'éclairer la lanterne du public, quand l'occasion s'en présente. Après tout, nos représentants (associations, syndicats, qui œuvrent dans ce sens) et nous-mêmes, à titre individuel, sommes le mieux placés pour cela.