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26 avril 2016

Petits lus (4) - Laissez répandre le poids !

De studieuses recherches en ligne nous amènent parfois et contre notre intention initiale à des lectures que l'on pourrait, selon son degré de mauvaise foi, qualifier de
« collatérales » ou mettre au crédit de la sérendipité :

« Mais pas tout le monde a été tellement ravie de grossesse après la perte de poids de Charlène, il est répandu prince Albert et d'autres membres de la famille royale sont absolument furieux que Charlène utilise des pilules pour laisser tomber le poids si rapidement. »

 

On les comprend. Mais faut s'accrocher.

01 avril 2016

Poisson dans l'eau

Ami Traducteur,

Tu vis, comme beaucoup de tes congénères, dans le nord-est parisien.

Il y a longtemps, longtemps, tu savais nager, au moins un peu.

Ton activité sédentaire fait qu'aujourd'hui, tu t'encroûtes. Planté devant un écran du matin au soir, tu n'as plus de souffle. Ta silhouette autrefois de rêve s'empâte.

Privé de compagnie comme souvent les travailleurs indépendants, tu aimerais t'extraire de tes pénates pour voir de vrais gens, qui vivent ailleurs que dans les livres. Jusqu'à présent, tu t'es sagement interdit d'évasions aux heures de bureau, soucieux que tu es de rester à la disposition de tes donneurs d'ouvrage. Mais un léger vent de révolte te pousse à tenter une brève sortie hebdomadaire, quitte à prétexter une descente en bibliothèque si on te cherche pendant ce temps.

Assoiffé permanent de terminologie, passionné de langages en tout genre, tu aimes à laisser traîner tes oreilles avides de toute expression, de préférence pittoresque, manquant encore à ton répertoire. Exemple : « Tu vas les gainer, tes ischio. »

Un brin maso, sans quoi tu exercerais un autre métier, tu es prêt à goûter les plaisirs de l'effort physique en milieu hostile, sous l'œil plein de sollicitude d'un(e) charmant(e) moniteur/trice révisant en accéléré ses cours de premiers soins aux noyés, lorsqu'il/elle te voit virer à l'indigo. Ce n'est pas faute de t'avoir expliqué qu'on n'inspirait pas sous l'eau. Ton même brin de masochisme fait que non content d'avoir les yeux comme des patates au bout de dix heures quotidiennes d'ordi, tu veux les mettre encore un peu plus à rude épreuve. Ça tombe bien, le susnommé milieu hostile est arrosé de chlore.

Coquet, au fond, tu meurs d'envie d'arborer ailleurs que devant ta glace ton superbe costume de bain et surtout, ton bonnet, également de bain et dûment assorti. Car quoi qu'en prétendent de méchantes langues, tu ne passes pas ta vie en pyjama (la preuve : tu trouves que le vieux survêt', c'est seyant aussi).

 

Bref, tu es bon pour venir barboter avec de joyeux camarades au cours d'aquapalmes ! C'est ici que ça se passe.

 

Bien entendu, ce qui précède vaut aussi pour les non-Traducteurs ne correspondant pas plus que ça au signalement ci-dessus, à part la localisation nord-esto-parisienne.

 

Ceci n'est pas un poisson d'avril.

25 mars 2016

Interprètes et traducteurs à la TSF (enfin, presque)

Cher Producteur de la Radio de service public,

Lors d'une de vos émissions, vous interviewez une vedette du show-biz et présentez son livre. Après cela, une humble traductrice (non, pas moi) vous écrit gentiment pour vous signaler que vous avez oublié de citer son nom. Comme si le bouquin s'était traduit tout seul.

Vous lui répondez pour l'engueuler et lui assener une leçon de morale en arguant que vous avez indiqué par deux fois le nom de la traductrice.

Faut réviser vos fiches terminologiques, l'ami : vous avez certes bien donné le nom de l'interprète, qui traduisait en français les propos de la star (faut dire que dans le cas contraire, votre émission dépendant de sa prestation, l'interprète aurait aussi bien pu vous planter là). Mais pas celui de la traductrice, qui a traduit le livre. Est-ce plus clair, maintenant ? On ne va pas rester sur un méchant qui-pro-quo, préjudiciable pour l'image de nos trois professions... même si nous sommes à la radio (enfin, vous, surtout).

 

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Quelques Autres Jours plus tard :
On me souffle dans le casque que
le Producteur de la Radio de service public,
ayant à la suite de cette émission
reçu beaucoup de courriers explicatifs de la part de collègues,
cite désormais le nom des traducteurs.

20 mars 2016

Mots appris (34) - Glottophobie

Ce blog s'est déjà insurgé à plusieurs reprises contre cette imbécilité discriminatoire qui consiste à sous-titrer les propos de francophones, qu'ils soient africains, antillais ou auvergnats. Discriminatoire vis-à-vis des locuteurs, les téléspectateurs étant, eux, considérés de manière collective et indistincte comme des abrutis.

La presse écrite et radiophonique m'apprend que le phénomène porte désormais un nom, la « glottophobie». Autre cas de glottophobie qui, à l'aube, m'a affligée: celui, cité sur France Inter, de ce petit garçon en pleurs parce que la maîtresse prétendait mieux savoir prononcer son prénom que lui-même. Idem pour tous ces gens dont l'accent a le tort de ne pas être assez pointu.

« Glottophobie», ou discrimination par le langage, est un terme créé par l'auteur d'un livre que j'ai fortement envie de me procurer :

Philippe Blanchet
Discriminations – Combattre la glottophobie
Éditions Textuel, 2016

On peut écouter Philippe Blanchet, interviewé ce matin 20 mars 2016 par Dorothée Barba dans une chronique intitulée La langue, outil de discrimination (émission Le 5/7 du week-end). 

On observera qu'à la radio, les intervenants ne sont pas sous-titrés. Serions-nous moins bêtes selon que nous revêtons notre casquette de téléspectateur ou d'auditeur ?

 

31 janvier 2016

Marie, mon ciel ! (30) – Un ciel en nuances

Un mot « qui exprime de manière poétique que le ciel, tel un matériau, a sa propre couleur, en constante évolution »­ ?

C'est un mot nouveau, inventé par un architecte, Guillaume de Monfreid, dans le cadre d'une exposition que, pour une fois, je n'évoque pas ici après sa date de clôture.

L'expo, c'est Le Marais en héritage, au musée Carnavalet.

Et le mot... Je vous laisse cogiter, peut-être allez-vous le trouver.

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Comme je vois que vous séchez, je vous aide : il pourrait aider un peintre en ciel à peindre le ciel, en lui permettant de choisir les bonnes nuances.

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Toujours rien ?

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Il « associe "nuancier" et "ciel". »

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Ça tombe sous le sens, pourtant.
Je sais, c'est facile quand on a vu l'expo.

 

C'est le « n u a n c i e l » !
Vous pouvez contempler le nuanciel du Marais .

 

 

J'avais mis ce billet en ligne depuis une demi-heure à peine que je lisais cette phrase :

« La lumière n'est jamais la même [...] ; il y a une lumière de pluie, une lumière de soleil, une lumière de nuages. »

Dans Contre la nature, par Tomas Espedal, Actes Sud, traduit du norvégien par Terje Sinding.

 

 

Merci à AL qui m'a offert une invitation pour l'exposition et à TS qui m'a offert le livre.

 

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J'ai mis à jour mon avant-dernier billet, celui des voeux à bulles.

13 janvier 2016

Voeux à bulles

31 janvier : Il est temps de mettre à jour ce billet de voeux à bulles ! Car depuis sa parution, j'ai reçu deux autres suggestions, en plus celles lisibles en commentaires, pour faire parler la deuxième chaise. Je les incorpore dans le texte.

 

Ce billet est une occasion de plus de vous présenter mes voeux pour la nouvelle année, avec bulles incorporées cette fois !

Ces derniers temps, j'ai adressé à des proches indulgents ceci. Certains ont reçu la version vouvoyante de la carte, composée de la même photo et de ce texte :

Voeux 2016 photo.jpg


Cochez la réponse qui vous plaît pour la deuxième bulle :

[] Ah bon, on attend quelque chose ?

[] Pour faire la fête ?...

[] Un mois de décembre où cette photo soit crédible ?

[] 2016 ?

[] 2017 ? (< dans le cas où cette carte vous arriverait vraiment tard)


Ou bien, inventez votre propre bulle et renvoyez-la à l’expéditrice !

En attendant (quoi, déjà ?), je vous souhaite de joyeuses fêtes et une très belle nouvelle année pleine de ……..…, de ……….… et de ……….…
(Á vous de remplir les blancs. Je ne peux pas tout faire, quand même.)

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En cette période souvent désoeuvrée, sauf pour les confiseurs, je pensais bien recueillir quelques réponses. La récolte a dépassé toutes mes espérances, en quantité, en originalité et en diversité !

Voici vos réponses, chers donneurs d'ouvrage, collègues, copains, tantes, cousines, avec explication de texte si nécessaire.

Certains, pressés de faire la fête, ont sobrement écrit qu'ils cochaient la deuxième case. Une amie a préféré la première : "Pas encore eu d'idée de génie pour le texte manquant, donc pour l'instant je coche évidemment la 1, parce que s'asseoir au milieu du jardin du Luxembourg enneigé et désert suffit bien en soi." Curieusement, les Parisiens ont cru reconnaître le Luxembourg ! En fait, c'était la terrasse des Tuileries. Assez curieusement aussi, personne n'a coché "2016".

Bien entendu, plusieurs d'entre vous ont pensé à Godot, comme moi lorsque je croisai les deux chaises en janvier 2013 dans le parc enneigé. Mais, nous apprend une des premières bulles à avoir brillamment pétillé dans ma coupette, nos deux chaises savent meubler le vide de l'attente :

- On attend Guéridon. Godot ne pourra pas venir.

Deux collègues audiovisuels ont presque coïncidé pour démontrer, outre leur exercice chevronné de la visualisation, une fibre de traducteurs pragmatiques qui devrait favoriser leur reconversion dans une autre branche du métier, au cas où le sous-titrage battrait décidément de l'aile :

- Deux belles paires de fesses.
- Une bonne paire de fesses bien chaudes, non ?

Dans un registre tout aussi (télé)visuel, une de leurs consoeurs autrice de doublage laisse planer d'inquiétants soupçons quant à la source stupéfiante où la gent adaptatrice puiserait son inspiration, tout en y déversant ses droits de diffusion :

- Deux rescapées du réveillon encore sous exta qui viendront se cailler les miches au milieu de nulle part en croyant que c'est Miami Beach.

Une collègue pragmatique pour de bon, et rendue grognon par d'injustes frais sur son compte, pousse ce cri du coeur :

- ...pour changer de banque !

Deux collègues tout ce qu'il y a de plus littéraires, et donc rompus au corps à corps avec des jeux de mots particulièrement recherchés, ne se sont pas concertés pour pondre ce qui suit :

- On attend les 1998 copines.
- Chat, ch'est deux mille chaises (version chuinto-félinophile et hors bulle).

Si vous ne saisissez pas du premier coup, consolez-vous : il m'a bien fallu 24 heures pour cela.

Une autre créature littéraire m'a livré deux bulles. On n'en attendait pas moins de sa part :

- La chaisière, pardi !
- Crapaud et Voltaire n'avaient-ils pas dit qu'ils passeraient ?

L'une d'entre vous a habilement intégré cette suggestion dans la bulle, en copiant la photo :

- La petite.

Puis, comme je comprenais sa réponse de travers et que j'allais chercher encore pire dans l'humour noir qu'une petite chaise à roulettes (sur laquelle où elle avait craint par un moment de devoir s'installer à demeure), elle a proposé une autre solution, qui sent son vécu parisien :

- Le pigeon

Certaine copine-collègue a révélé sa nature révoltée d'à peine sortie de l'adolescence :

- Mes jeunes années me soufflent à l'oreille "pour foutre le feu ?" (oui, j'écoutais du rap quand j'étais ado).

Rassurons-nous : neutralisée par une couche de neige, la jeune chaise pyromane représente un danger limité pour la société.

Quand je vous disais que vous avez déployé des trésors d'inventivité (<< tandis que moi pas tellement, avec des clichés pareils), de diversité, de poésie :

- Pour ma part, je n'attends pas, je cours après. C'est la raison pour laquelle la chaise est vide : je suis ailleurs, en train de faire en sorte que mes rêves deviennent réalité.

L'élite de la traduction – en la personne d'un collègue à l'élégance tout oxfordienne, qui manie au moins deux langues à la perfection - m'a gratifiée du chef d'oeuvre de l'année, d'abord en français puis en anglais, en soulignant les subtiles nuances de cette version bilingue :

- Qu’on nous empile !
- What are we waiting for ? To start stacking. (Encore plus ambigu.)

Un nombre non négligeable d'entre vous – notamment dans la famille, toujours pas résignée à la froidure de son pays – s'est ligué contre l'hiver, comme s'il n'était déjà pas assez timide et faiblard en cette fin 2015 :

- Le dégel, qu'on attend, of course !
- ...dans cette photo alors qu'il fait 15 degrés à Paris ??
- Le printemps !
- Le soleil !
- L'arrivée des fleurs rebelles !!!

D'autres n'ont pas peur du froid, eux :

– Des amoureux transis !

Ou, en plein dans le sujet, l'une de mes éditrices me souhaite « une excellente année, avec, qui sait ? peut-être un peu de neige à Paris, pour que ces pauvres chaises n'attendent plus en vain ! »

Après avoir attendu "Toujours Godot", une amie se ravise et met le doigt sur l'essentiel :

- ¿Pero estás segura que las sillas esperan algo? (Mais tu es sûre que les chaises attendent quelque chose ?)

Une autre lui emboîte la souris :

- On n’attend rien, tout est là pour que l’on soit heureux. Il suffit de regarder autrement.

Et une troisième amie de conclure :

- Pour être heureux ?


N'attendons plus !


Merci à vous tous qui avez éclairé ce passage de l'an à l'autre. Mes excuses à ceux qui pensaient devoir remplir la bulle directement sur l'image (c'était faisable mais un peu ardu et pas le but du jeu). Si j'oublie certaines propositions de bulles, sonnez-moi les cloches, je complèterai ce billet. En attendant, voici les initiales des inspirés contributeurs, dont je me ferai un plaisir de dévoiler l'identité s'ils en manifestent le souhait :

ASC, AV, BG, BRM, CS, CSI, DP, E et CB, FXD, JG, JLB, JPA, J et RG, LB, MC, MM, MT, NG, OM, JO, PM, PMS, RMV, RS, SL, TI, VLP, VM

Le nombre d'initiales diffère du nombre de suggestions, certains bulleurs en ayant fait plusieurs, tandis que d'autres en trouvaient d'identiques.

Si de nouvelles idées vous viennent, à vous, contributeurs, ou à vous, lecteurs, la machine à bulles ne demande qu'à se remettre en marche.

Tuileries sans chaises.JPG



Bon, moi, j'attends que ma plate-forme de blog réactive sa fonction "espaces insécables", sans parler des guillemets à chevrons et autres indispensables signes typographiques. Les années ont beau se succéder, on garde le sens des priorités, sur ce blog.