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04 avril 2013

Le prix du petit-lait


« On ne traduit pas des mots, on traduit des idées. »


C'est assez évident pour beaucoup de traducteurs, mais ça ne fait pas de mal de le dire et de le redire. En l'occurrence, c'est Sylvestre Meininger, vice-président de l'ATAA, qui le rappelait récemment. C'était vendredi dernier, lors de la remise des prix du Sous-titrage et du Doublage, dont on peut consulter le palmarès sur le blog de l'association.

 

ataa,prix du sous-titrage,prix du doublage,sylvestre méninger,gageure


D'où buvage de petit-lait et ronronnements de satisfaction.

 


Et en plus, lors de cette soirée, « gageure » a été prononcé « gageure ».

 


Oui, ce blog sait mettre en relief les événements importants.

24 décembre 2012

Les auteurs à la maison

Toute de rouge vêtue, la mère Noël SCAM a inauguré jeudi dernier
sa Maison des auteurs.

Ses invités s'étaient mis au diapason (si je puis dire ?), y compris les Schtroumpfs traducteurs ignorant jusqu’à l’existence d’une autre couleur que le bleu, mais qui avaient fait un effort pour l’occasion, d’autant plus volontiers qu’elle leur a offert une jolie écharpe – rouge.

La Maison des auteurs, ce sont des locaux spécialement destinés à ses membres, réalisateurs de documentaires, journalistes, photographes – et aussi traducteurs-adaptateurs de documentaires. Ils pourront y boire un coup consulter la presse spécialisée, explorer la base professionnelle de l'INA, s’y retrouver avec leurs collègues ou organiser leurs rendez-vous professionnels. Des débats et ateliers seront également organisés dans ce nouvel espace.

La SCAM mettait déjà à la disposition de ses membres ses salles de projection et de réception pour des évènements tels que les soirées annuelles d’information de l’ATAA. Mais désormais, son bel hôtel particulier sera un véritable lieu de villégiature…

 Merci, la SCAM ! Joyeux Noël à toi
et aux Schtroumpfs peints en rouge, pour l'occasion.

05 décembre 2012

Conseils à un jeune traducteur inexpérimenté (7) - S'informer à l'aide de précieuses brochures

Autre suggestion de titre : Brochures en veux-tu, en voilà

 

Chère faignasse patentée, cher djeunz né fatigué, cher éleveur de poils dans la main,
Cher Jeune Collègue,

Je te vois d’ici, tu te les roules dans ton canapé, au lieu de profiter de cette période de chômage technique pour PROSPECTER.

— Tu fantasmes, mémé. Je me les roule pas. Dans le cadre du redéploiement audiovisuel de mon activité, je sue d’arrache-pied sur l’analyse filmique d’une série télé. J’y peux rien si j’habite dans 16 m², que mon ordi, c’est ma télé (et vice versa) et que mon siège de bureau, c'est un convertible, qui me sert accessoirement de lit.

« Je sue d’arrache-pied. » Avec des télescopages pareils,
c
e blanc-bec n’a décidément aucun avenir
dans la profession.
« Analyse filmique »… L’insolent se paie ma tête,
quand, par-dessus le marché, il ne bricole pas des sous-titres
avec les moyens du bord pour les mettre en ligne
de façon tout à fait illégale.

— Ouais, c’est ça. Et moi, si je m’assoupis d’un œil après déjeuner devant Derrick, je fais de l’analyse filmique, aussi, peut-être ?

— Nan, toi, là, tu frises l’implosion de neurone, à cause de l’effort de concentration. Tandis que moa, je m’imprègne de la culture de ma langue source. Et accessoirement, je teste un logiciel de sous-titrage. Va pas t’imaginer que je donne dans le fansubbing, hein. J’apprends, c'est tout. Pas mon genre de violer le droit d’auteur des collègues.

— Balivernes. Tu gagnerais bien mieux à te documenter sur tes conditions d’exercice, puisque, et je n’en démordrai pas malgré le boniment que tu me sers, oisif tu es.

— Pour occuper utilement mes moments de creux en consultant la doc, pas attendue je t’ai, Yodadmèdeux.

C’est ouf, elle croit toujours avoir inventé le fil
à couper l’eau tiède, la pré-retraitée.

— Sais-tu seulement que la précieuse brochure de la SFT, Traduction, faire les bons choix, est désormais disponible en plusieurs langues, dont l'espagnol ? Tu peux la communiquer à tes clients ! Il y a aussi une brochure pour l’interprétation, et une autre qui s’intitule Traduction, les mots au kilo ?

SFT Bons choix  FR.jpg

Brochure SFT Des mots au kilo.jpg

  Ça y est, vlà l’ancêtre qui distribue des flyers, maintenant.

— Bah ouais, je sais. Même que j’ai proposé mes services à la TFS pour Choix bons les faire, Tionductra, la sionver en verlan.

— Et celle de l’ATAA, as-tu vu celle de l’ATAA : Faire adapter une œuvre audiovisuelle, toi qui te gaves de séries télé en espérant plonger tête baissée dans le miroir aux alouettes, je veux dire, en espérant les traduire un jour ?!

Brochure_Ataa.jpg

 Soupir.

— Oui, j’ai vu celle de l’ATAA. Et, oui, je sais que si elles ont un air de famille, c’est voulu ! Pas la peine de me parler de la coopération entre syndicats ou associations de traducteurs. Tu péchorais un convaincu, comme tu dis dans ta tchatche moyenâgeuse.

— On ne dit pas « péchorer », produit analphabète de notre société laxiste. On dit « prendre dans ses rets ». D’ailleurs, moi-même, pas plus tard qu’il y a vingt-cinq ans, je remportais de beaux succès…

— Laisse tomber, j’entends pas, chuis sous le casque.

— Tu ferais bien de t’inspirer de ces magnifiques brochures, pour le fond comme pour la tenue de l’écriture, être mal dégrossi. Il est vrai que tu es paraît-il un rejeton de la génération de l’image. Je présume que ces pourtant passionnantes brochures à fort contenu textuel te passent complètement au-dessus.

Dans mon infinie bonté, j’en tiens une autre à ta disposition, sur papier. Elle ne traite pas directement de traduction mais, éditée par le Groupement des auteurs de bande dessinée du SNAC, elle comporte de nombreuses informations relatives au droit d’auteur en général, et même un lexique de la reddition de comptes. Elle devrait être à ta portée car elle contient d’amusantes illustrations. Je t'autorise à venir la consulter dans mon modeste triplex.

— Te fatigue pas à m’attirer dans ta bonbonnière dans le vain espoir de me harceler sessuellement, maman. Elle est en ligne, ta brochure des auteurs de bédédusnac. Ouais, trop marrants, les dessins. Je te reconnais, en page 31 (à droite). La moustache en moins.

— Tu as encore consommé des substances illégales, petit confrère. Ce malheureux auteur blanchi sous le harnais, qui se voit réduit à brader son œuvre faute de toucher une retraite convenable, n’a pas de moustache.

— C’est bien ce que je disais.

— Une autre brochure, éditée par la Charte des auteurs et des illustateurs jeunesse, est agrémentée de jolis dessins en couleur, tout aussi désopilants. Elle pourrait également t’extirper de ta crasse, toi qui t’obstines à vouloir mettre un pied dans la traduction d’édition en me soutenant que les contrats, c’est bon pour les tueurs à gages. Ne me dis pas qu’elle est en ligne.

— Bien sûr que si, Le contrat d'édition al dente est en ligne ! Ils sont modernes, à la Charte, ils écrivent pour les djeunz. Tu peux pas comprendre.

— Et cette autre brochure rigolote de la Charte, avec un éditeur contrefait en dragon ?***

— Idem. (T’as vu, j’ai fait latin 5e langue !) En cherchant 2 secondes oPid en main, on trouve Le contrat dont vous êtes le héros sur le ouèbe. Le PDF ne devrait pas tarder à figurer parmi les autres brochures téléchargeables sur le site de la Charte. C'est sûr qu'un traducteur y apprend plein de trucs, même si c'est pas fait directement pour lui.

Vivement que le droit à la formation des auteurs
soit vraiment entré dans les faits.
Mamie, elle doit encore croire qu’une souris,
c’est un rongeur. Et je vois d’ici les taches
de Tip-Ex sur son écran.
Tiens, faudra que je lui avoue que la dernière fois
où elle a tenté de me coincer dans son boudoir,
j’en ai profité pour activer sa Webcam.
Depuis, on rigole à l'a-mater, avec des potes a-mateurs d'archéologie.

La peste soit du morveux né avec une clé USB dans le fondem... la bouche.
Quelle chance pour lui que je me sois penchée,
telle une fée, sur son berceau.

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*** Note de l'Autre Jour :

Il est regrettable que cette brochure mette à mal un innocent dragon, embauché une fois de plus pour jouer le méchant, face au gentil pourfendeur, alias auteur, en l’occurrence. On n’en voudra cependant pas à la Charte d’avoir perpétué ce mythe pour la bonne cause. Elle devrait juste lire plus souvent la rubrique Sauvons les dragons de ce blog.

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Liens (oui, contrairement à certains autres blog ou sites, heureusement minoritaires, L'Autre Jour cite ses sources et ne donne pas à croire que son autrice est également celle des brochures reproduites) :

SFT - Société française des traducteurs

ATAA - Association des traducteurs-adaptateurs de l'audiovisuel

ASETRAD - Asociación española de traductores, correctores e intérpretes

Groupement des auteurs de BD du SNAC

Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

Bravo et merci à leurs auteurs !

01 novembre 2012

Le traducteur traduit (3) « J'ai sous-titré un film muet »

Rappelons que cette rubrique a pour but de décrypter et de traduire le langage du traducteur, plutôt moins jargonnant que celui d’autres professions mais parfois curieux tout de même.

En l’occurrence, le traducteur est une copine-traductrice-adaptatrice de l’audiovisuel, avec qui j’ai eu la joie de papoter il y a quelques jours lors d'une grand-messe un meeting un jamboree un raout de congénères une réunion publique d'information de l'ATAA. Une tierce consœur s’enquérant de ce qu’elle faisait en ce moment, Caroline (Barzilaï) lui répond :

« Là, je viens de sous-titrer un film muet. »

Après un temps éclair de perplexité réflexion, car il faut reconnaître que sur l’instant, ça peut surprendre, je me mets à la place de l’auditeur profane dont les oreilles auraient pu traîner dans le coin. Je l’entends ricaner d’ici : « Tranquille, ce taf, ça doit pas être fatigant - j’espère que c’est bien payé de traduire un truc qui parle pas. » (Désolée, j’ai chopé au hasard un auditeur profane moyennement évolué. Imaginaire, le gus, mais pas idéalisé.)

Explication de texte : Caroline a sous-titré les cartons (ou intertitres) d’un film de Murnau, Schloss Vogelöd  (La Découverte d'un secret).

2012-11-01 Murnau.jpeg
                                                           © ?

Exemple de sous-titre de carton :

   234:  11:11:45.14  11:11:49.14     4:00   6.04   56   67   60
        _"Enchaînés l'un à l'autre
        _par les liens de la culpabilité !

En fait, Schloss Vogelöd est plutôt bavard pour un film muet car, nous précise Caroline, il comporte environ 200 intertitres. Tiens, on ne l’entend plus, l'auditeur profane…

01 juillet 2012

Mots appris (13) - Weltanschauung

L’autre jour, j’écoutais un ancien numéro d’une de mes émissions-chouchous, Tire ta langue, présentée sur France Culture par Antoine Perraud. Pas récent, le numéro, car il datait du 23 novembre 2004. Ce jour-là, l’émission était intitulée Comment sous-titrer les films ?.

Vers la 37e minute, on entend quelques bribes de dialogue des Ailes du désir. Une vraie musique, et pas seulement à cause de l'accompagnement instrumental. Du miel pour les oreilles, même non germanistes. L’animateur interroge alors Estelle Renard, qui fait partie de ses invités, tous traducteurs audiovisuels : 

– Les Ailes du désir nous mènent à cette espèce de langue comme conception du monde… Je crois me souvenir de mes années de lycée qu’il y a un mot allemand pour définir cela, comment dit-on ?…

Estelle répond sans hésiter : « [un truc qui, pour mes oreilles encore emmiellées mais toujours pas germanistes, ressemble vaguement à "Atchoum", mais en plus long.] »

Estelle n’est pour rien au fait que je n’aie pas compris ce mot. Elle l’a fort bien prononcé. Je dois toutefois enquêter auprès de ma Décrasseuse attitrée pour savoir de quoi il s’agit. 

Réponse de ma Décrasseuse attitrée : « C'est la Weltanschauung, un concept effectivement bien connu des germanistes et des freudo-jung-iens, entre autres. :-) » 

Moi : « … » ←Silence éloquent, vous en conviendrez, indépendamment du fait que notre échange se déroule par mél.

Une brève enquête sur Wiki me permet de combler un peu plus une lacune qui a cependant encore de beaux jours devant elle :

« Weltanschauung est un terme allemand désignant la conception du monde de chacun selon sa sensibilité particulière. Il associe "Welt" (monde) et "Anschauung" (vision, opinion, représentation). La Weltanschauung est au départ une vision du monde d'un point de vue métaphysique, notamment dans l'Allemagne romantique ou moderne. » 

Bref, si je replace ma nouvelle acquisition de vocabulaire dans le contexte du sous-titrage, j’en comprends que ça veut dire, dans mon langage à moi : « Sous-titrer, c’est pas fastoche, ça demande un gros boulot d’adaptation culturelle. » Or, souvent, comme l'indique Sylvain Gourgeon, autre participant à l'entretien, on est obligé de rester dans un entre-deux.

Quelqu’un veut-il se dévouer pour broder sur le sujet ce cette vision du monde et de ce qu'elle implique en matière de traduction ? Ici, sous forme d'article que je me ferai un plaisir de publier, ou sur un autre blog, qu’il soit personnel ou associatif ? Ce serait dommage de ne pas approfondir, non ?… La Weltanschauung est dans votre camp ! Danke Schön !

 

Les producteurs de Tire ta langue ont bien voulu exhumer cet ancien numéro pour l’ATAA (Association des traducteurs-adaptateurs audiovisuels), à l’occasion de l'enregistrement d’une nouvelle émission, diffusée, celle-ci, le 17 juin 2012. Cette fois, plusieurs traductrices membres de l'ATAA étaient invitées à s'exprimer sur L’art du sous-titrage et du doublage. Je ne peux vous donner de lien vers celle de 2004***, mais celle de 2012 est .

 

*** Quelques heures plus tard :

Si, en fait, je peux vous le donner, le lien vers l'émission de 2004, comme me le rappellent pertinemment Les Piles dans leur commentaire.

 

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Digression :

Au cours de l'émission de 2004, j'entends avec satisfaction le chroniqueur Philippe Barthelet prononcer correctement (mais après tout, ça devrait aller de soi), le mot « gageure », si souvent écorché par ailleurs à la radio, ce qui m'a récemment inspiré un coup de griffe dans un autre article publié sur ce blog.

14 mai 2012

Je traduis, tu traduis, ils traduisent ? (7) Un couiz !!

Un couiz sur le site de l'ATAA, avec un topo de présentation
sur son blog !

Allez-y, jouez, c'est instructif !

Je vous aide : une piste vers la réponse à une des questions se trouve sur L'Autre Jour.

Vous aurez accès aux soluces après avoir cliqué sur Submit. (<- Ça, c'est pour ceux qui, comme moi, risqueraient de les réclamer à l'ATAA au lieu de lire l'intro comme il faut - Ici : smiley contrit.)

 

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À propos d'une des questions du couiz :

Selon moi, quelqu'un qui traduit un texte, c'est un traducteur. Il n'adapte pas plus en doublage ou en sous-titrage qu'en quelque autre domaine de la traduction
, y compris en technique – et même plutôt moins, à mon avis.

Car traduire, c'est adapter, par définition.
Le domaine où il me semble qu'on adapte le moins, c'est la traduction littéraire, puisqu'on essaie de restituer autant que possible non seulement le sens et le niveau de langue, mais aussi la musique (le rythme, les sonorités...) du texte d'origine.

Ça tombe bien, je voulais justement écrire un billet au sujet de cette histoire d'« adaptateur », qui me paraît relever avant tout d'un certain snobisme. Les collègues sont conviés à confirmer - ou pas - sous forme de commentaires !

 

Pour moi, un adaptateur (dit « SM », en l'occurrence), c'est une personne qui adapte une oeuvre ou un programme audiovisuel du français au français (par exemple), de manière à la sous-titrer pour les sourds et malentendants. Souvent, il s'agit à l'origine d'un traducteur, qui est venu par la suite à cette autre activité.

Le seul autre adaptateur que je connaisse, c'est une sorte de raccord. Un genre de traducteur pour qu'une prise électrique britannique et un rasoir français se comprennent, par exemple :)