24 juin 2012
Mots de travers (9) - Tri sélectif
Après le bip sonore, encore plus fort : le tri sélectif.
Du temps où on triait les lentilles, on mettait d’un côté les lentilles, de l’autre les petits cailloux. Ce n’était pas un tri moderne. Depuis, nous avons heureusement réalisé d’énormes progrès.
À moins que ce ne soit encore un coup du besoin de redondance ? Et que « tri » tout court désigne exactement la même chose que « tri sélectif », mais qu’on précise afin que ce soit clair pour tout le monde ? Quand on voit ce que certains de mes voisins balancent dans le bac des recyclables (emballages de polystyrène maculés de sauce tomate, papiers gras avec miettes incorporées, plantes mortes de désespoir d’habiter chez des pignoufs pareils, etc.), il est vrai qu’on ressent soudain un fort besoin de redondance encore plus redondante, voire même un brin pléonastique (je veux bien reconnaître que j’exagère, là)***.
Amis traducteurs vers l’étranger ou vers l’extraterrestre, rendez-vous « tri » tout court et « tri sélectif » par des termes différents, dans votre belle langue qui, je parie, enfonce elle aussi parfois les clous déjà enfoncés ? Si vous avez des exemples, on est preneuse.
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*** Digression osant carrément frôler la lapalissade :
N'empêche... « Quand on voit c’qu’on voit et qu’on sait c’qu’on sait, on a raison d’penser c’qu’on pense... Et pis, de n'rien dire. ». À prononcer avec un fort accent du Haut-Doubs.
Oui, la Madeleine Proust est de retour à Paris. Y a du boulot. (<< À prononcer aussi avec l'accent du Haut-Doubs.)
16:12 Publié dans Coups de griffe, La chronique de Vocale Hubert, Mots de travers | Commentaires (2) | Lien permanent
22 juin 2012
Supplique aux crédules bien intentionnés, avec toute mon affection et avec Hoaxbuster
Chers amis, collègues, cousins (surtout les cousins) qui m'envoyez régulièrement des mails à effet voulu « boule de neige » pour
- me prévenir de l'arrivée d'un virus informatique pourtant éradiqué dès avant l'époque de la Peste noire,
- me demander d'élever mes protestations contre l'écrasement d'une malheureuse bénévole sous un char israélien (il y a x années, hélas), ou contre une sale coutume irakienne consistant à déposer des bagnoles sur des petits enfants (selon une vidéo bidonnée, comme s'il ne s'était pas passé assez d'horreurs dans le pays),
- ou, dernier en date, pour que je réclame à grands cris la sortie en salle d'un film anti-pesticides, alors qu'il est apparu sur les écrans en 2008...
Eh bien, à vous tous, je recommande instamment non pas d'utiliser un peu plus votre jugeote (c'est superflu puisque vous êtes mes amis, mes collègues et surtout, mes cousins, bon sang de bois qui ne saurait mentir), mais d'aller faire un tour sur un site Web indispensable, le pourfendeur de pièges à gogos par excellence :
Ah, et puis, pour ceux qui en ont déjà vaguement entendu parler, arrêtez d'affirmer que hoax, c'est un canular. C'est pas un canular. Un canular, c'est parfois marrant. Un hoax, c'est un gros BOBARD.
Un bobard de ce genre, ça ne fait marrer personne. Ça ne fait que nuire aux justes causes que vous pensez défendre d'un clic.
19:24 Publié dans Coups de bec, Coups de griffe | Commentaires (1) | Lien permanent
Mots de travers (8) - Bip sonore
Un bip, oui, mais un bip... sonore !
Ça ne vous a jamais paru bizarre, à vous, qu'on vous demande de laisser un message « après le bip sonore » ? Ah bon, c'est ce que vous dites vous-mêmes sur votre boîte vocale ? [regard affligé en direction des Lecteurs, assorti d'un soupir]
Faut-il en déduire qu'il y a des bips pas sonores ? Étouffés, dans certains contextes, assurément. Mais des bips pas sonores...
Et que font du bip sonore nos amis traducteurs étrangers, quand ils doivent transférer la chose dans leur propre langue ?
Sans parler des extraterrestres qui, en vacances chez nous, doivent quand même être épatés par notre technologie à hertz (ou à décibels ?) portés au carré. De quoi s'en prendre plein les antennes.
J'ai encore vu l'expression l'autre jour, dans un film sous-titré pour les sourds et malentendants. (Non, chers amis sourds ou malentendants, malgré cet enchaînement, je ne vous assimile pas à des Martiens. Et, oui, ça m'intéresse de regarder les sous-titres qui vous sont destinés, même sans en avoir encore tout à fait besoin.) Cette redondance vous est-elle indispensable ou vous laisse-t-elle perplexe, comme moi ?
Par ailleurs, s'il y a des bips sonores, il y a forcément des drelin-drelin, des ouiiiiiin, des bling cling sonores ? Je me disais bien qu'ils faisaient du bruit.
Lecteur qui n'a vraiment rien de mieux à faire que de me lire et de m'éclairer, ton avis sur ce curieux phénomène acoustico-linguistique m'intéresse. Laisse un message après le... euh, non, je n'ai rien dit. Mais au bout du blog silencieux, tu peux !
18:20 Publié dans La chronique de Vocale Hubert, Mots de travers | Commentaires (2) | Lien permanent
20 juin 2012
Mot appris (11) - Paragrêle + Marie, mon ciel (13)
Salut.
Moi, c'est Supercostaud Cumulus.
Paraît que je dois vous apprendre un mot. Ouais, on est d'accord, c'est n'importe quoi.
D'autant plus que ce mot-là, moi, mon idéal, c'est de le ravager, de le mettre en lambeaux, de le réduire en charpie.
Y mettent ça sur les arbres fruitiers de leurs plantations (ouais, pour les ignares qui ne franchissent jamais le Périf, les plantations, ce n'est pas que sous les tropiques et pas que pour les bananiers). Ça s'appelle « un filet paragrêle ». J'en connais une qui a lu ça dans la presse locale et qui ne s'en remet pas, parce qu'elle croyait qu'on disait plutôt
« antigrêle ». Vous avez vu, le genre de préoccupations ? Observées d'ici, carrément ras-de-terrestres. Et oiseuses, parce qu'on trouve l'un et l'autre. Alors, on va pas tortiller d'la nuée pour pleuvoir droit, hein ?
M'en fous, d'leurs filets. J'adore m'abattre aussi sur leurs jardins en forme de mouchoir de poche, leurs potagers amoureusement cultivés, me faire une razzia de fraises innocentes, une bouillie de framboises en devenir, une purée de tomates à peine rougissantes. Et là, je travaille sans filet. Ah ah, je m'éclate ! Et puis, je bousille un peu leurs bagnoles aussi, les jours de grande forme.
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Comme déjà trop souvent, L'Autre Jour décline toute responsabilité quant au langage et aux propos tenus ici par des créatures animales ou végétales, par des objets, voire par des formations atmosphériques (oui, on aura tout vu - désolée).
Je précise cependant que sauf mention contraire, c'est moi qui les ai pris en photo et qu'il en va de même dans tous les articles de ce blog. Oui, je sais, pas de quoi pavoiser.
22:50 Publié dans La chronique de Vocale Hubert, Mots appris, Volem rien foutre al païs (c) | Commentaires (2) | Lien permanent
Conseils à un jeune traducteur inexpérimenté (2) - Éviter les "lu, écrit, parlé" dans son CV
Jeune Papoose, Brave Padawan, Petit Scarabée,
Jeune Collègue inexpérimenté,
Dans ton CV, en face des langues que tu es censé traduire, n'écris pas
« Lu, écrit, parlé ».
Tu vois un mécano automobile, un toubib ou une avocate indiquer sur leur CV (si tant est qu'ils en aient un - et pas mal de traducteurs ou d'interprètes contestent la nécessité d'en produire un eux-mêmes)
« Fortiche en dépannage de bagnoles », « Excellent niveau en médecine » ou « Connais le droit sur le bout des doigts » ?
Ne mets pas les doigts dans la prise électrique, non plus.
20:54 Publié dans Conseils à un jeune traducteur inexpérimenté | Commentaires (0) | Lien permanent


